L’importance du jeu
Winnicott, Bechdel et le jeu comme expression de soi
Le jeu est une notion centrale dans l’œuvre de Winnicott. Celui-ci considère que ce qui fait que l’enfant est capable de jouer revient à questionner « ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue » (Winnicott, 1971).
J’ai découvert Donald Winnicott dans le livre illustré d’Alison Bechdel “Are you my mother?” (je parle déjà beaucoup trop de cette autrice mais je conseille très très vivement de lire ses livres) et cette phrase m’est restée.
Et pour extrapoler, la vie d’adulte n’est-elle pas aussi éligible à cet impératif?
Avec Ryvdoll, j’ose croire que ces instants “gratuits”, ou plutôt “non productifs” (on ne travaille pas, on ne s’instruit pas forcément, on ne fait pas de sport, on ne médite pas vraiment non plus) sont essentiels. Surtout depuis que le scrolling occupe 4 heures de nos journées, perdues à jamais.
Le jeu, au sens “playing” (Winnicott distingue bien entre le “game” et “playing”, l’action de jouer) implique de lâcher prise, de laisser parler autre chose que sa raison. Ryvdoll n’a pas de règle, pas de perdant, pas de nombre limité de joueurs, à l’image des jeux que l’on invente dans la cour de récré, ils sont un lieu sacré d’expression sans contrainte dont l’adulte manque gravement dans son quotidien.